Le Haillan 2026
Deux journées très agréables passées au Haillan au milieu de dentellières. L'occasion de voir quelques travaux collectifs, des choses accessibles mais avec une présentation qui les met en valeur. En voici une sélection.
Deux journées très agréables passées au Haillan au milieu de dentellières. L'occasion de voir quelques travaux collectifs, des choses accessibles mais avec une présentation qui les met en valeur. En voici une sélection.
Après août et la reprise, voici septembre.
Une petite bande de dentelle, issue d'un excellent livre, malheureusement épuisé.
Quel est le début quelle est la fin ?
Dans l'exposition, une mention spéciale pour deux pièces:
Tenue d'hôtesse de l'air, Marc Bohan pour Dior (styl.), 1962. Coton, polyester.
Les premières tenus d'hôtesse de l'air, sobres et sombres, apparaissent dans les années 1930. Trente ans plus tard, l'influence militaire fait place à un style plus élégant et féminin, ainsi qu'aux couleurs plus vives et fraîches. Influencé par l'exemple américain, la compagnie Air France cherche à mettre en valeur l'élégance à la française en faisant appel aux grands noms de la couture. En 1962, Marc Bohan, styliste de la maison Dior, crée le modèle Air France pour la compagnie. Alliant robe, veste et tambourin, il devient une référence en matière de vêtement d'image au féminin.
Tenue d'hôtesse de l'air, Maison Christian Lacroix (styl.), 2005. Coton.
J'ai travaillé quatre ans à Air France. J'ai d'abord porté les affreuses robes en tissu synthétique avec plein de petits 'AF' imprimés, tellement moches qu'apparemment la compagnie n'assume pas, je n'arrive pas à en trouver des images dans les articles consacrés à l'histoire des uniformes. L'uniforme suivant, mis en place en 1987, était plus classique et plus sobre, je pouvais même cumuler une demi-journée de cours à la fac et une vacation à l'aéroport, ou l'inverse (et alors il m'arrivait de piquer du nez en cours).
Sous toutes les coutures, c'est le titre d'une exposition au Musée de la Poste, exposition sous-titrée Le vêtement au travail.
L'histoire des uniformes et tenues d'image et celle de l'habit de travail ne sont ni similaires ni parfaitement concomitantes. Il existe cependant de nombreux points de rencontre.
Si vous avez l'occasion de vous procurer le livret, même sans avoir vu l'exposition, il est très intéressant. Voici un extrait de ma visite (malheureusement je n'avais que mon petit appareil photo, question de poids...)
Habit d'infanterie de la Garde de Paris, petite tenue. 1852-1870. Drap, passementerie, métal.
Le règlement du 25 octobre 1849 détaille le nouvel uniforme de la Garde républicaine. La petite tenue de l'infanterie comprend un habit à basque en drap bleu foncé avec retroussis en drap écarlate, un pantalon gris-bleu en cuir de laine pour l'hiver, de coutil pour l'été, et une capote en drap bleu foncé. Le shako est en cuir, recouvert d'un manchon en drap bleu foncé. Son calot est garni d'un galon et partagé par un cordon en laine orange foncé. Sous le Second Empire, cette branche de la Gendarmerie prend le nom de Garde de Paris mais conserve sa tenue. Sels les insignes de la République sont remplacés par l'aigle impérial.
Grande tenue de directeur des Postes, 1852-1870. Drap, tissu, passementerie, galon, fils métalliques.
Sous le Second Empire, l'organisation d'un grand service public des Postes implique de doter ses directeurs d'un habit similaire à celui des autres hauts fonctionnaires. D'autant plus qu'il convient de les identifier dans les départements et villes grâce à une tenue digne de l'autorité administrative et financière qu'ils incarnent. Directeurs départementaux ou directeurs de 5° ou 6° classe, la facture de l'habit de grande tenue à redingote et bicorne, brodés et pourvus de galons et cannetilles, souligne le prestige dont le Second Empire investit ses représentants sur le territoire.
Et une œuvre contemporaine qui n'est pas un vêtement de travail:
Broderie au fil d'or sur enveloppes administratives usagées, commande d'œuvre pour l'exposition, Anaïs Beaulieu, 2026.
La prisonnière de Venise, de Valeria Montaldi.
Venise, 1328, Giulia, une orpheline de noble extraction, s'éprend de Samuel et attend bientôt un enfant de ce marchand d'origine juive. Nicoleta, jeune fille du peuple, tombe enceinte après s'être fait violer.
Mais l'époque est impitoyable et ne peut admettre le scandale. Les deux femmes accouchent dans le plus grand secret. La première de jumeaux, la seconde, d'un garçon. Alors que leurs enfants leur sont arrachés, Giulia entre au couvent, et Nicoleta quitte Venise pour devenir apprentie chez un couturier.
Vingt ans plus tard, le destin frappe à la porte des deux femmes, et s'invite alors l'inattendu. L'amour maternel finira-t-il par triompher?
Bon, j'ai recopié la quatrième de couverture telle que, mais l'expression "se faire violer" me hérisse le poil. Je corrige: Nicoleta a été violée. Elle est embauchée chez un couturier pour ses talents de tricoteuse, et plus particulièrement elle tricote des bas en laine.
Peu de mentions textiles autour de Giulia: sa domestique brode, et son amoureux Samuel est un marchand de soieries de Lucques.
D'un point de vue général, l'histoire est haletante, pleine de mystère et de suspens, dans une Venise en proie à un tremblement de terre suivi d'un raz de marée, et en pleine épidémie de peste.
Il commence à faire frais, vite une veste pour aller avec le nouveau pantalon.
Faite avec des chutes récupérées lors d'un tricot-thé, c'est un jersey cotelé dont la texture m'avait bien plu, chutes d'un tee-shirt cousu par Liseli.
Veste déjà réalisée mais dans un tissu plus épais, avec celui-là le col se met mieux à sa place. Patron Doll Cardigan de Fleece Fun.