Veste
Il commence à faire frais, vite une veste pour aller avec le nouveau pantalon.
Faite avec des chutes récupérées lors d'un tricot-thé, c'est un jersey cotelé dont la texture m'avait bien plu, chutes d'un tee-shirt cousu par Liseli.
Veste déjà réalisée mais dans un tissu plus épais, avec celui-là le col se met mieux à sa place. Patron Doll Cardigan de Fleece Fun.
Dentelle au rabais
Les chiffons du rêve
Les chiffons du rêve, de Madeleine Chapsal.
Ce recueil de nouvelles aborde la vie cachée de la haute couture, ses fantasmes, ses secrets. Beaucoup, pour d'imposer, se comportent comme des tyrans : avec exigence, impudeur, impudence, férocité... bref, un monde sans pitié qui se dévoile en pleine lumière sur les podiums de la gloire mais aussi dans l'obscurité des coulisses.
Madeleine Chapsal, filleule de Madeleine Vionnet qui fut la reine de la haute couture de l'entre-deux-guerres, connaît bien ce milieu et nous en fait, à travers ces courtes histoires, une description féroce mais aussi pleine de tendresse et d'admiration.
Je ne savais pas que Madeleine Chapsal était la filleule de Madeleine Vionnet. Des nouvelles, donc, assez courtes et pleines de digressions et réflexions de l'auteur. On y parle surtout de l'ambiance des ateliers et pas beaucoup de technique. Sauf : « Rose transpire des mains (...) dès que Rose touche un tissu, elle y laisse une marque d'humidité catastrophique, surtout sur un matériau aussi fragile que le satin. » Erreur classique, mais le satin n'est pas une matière, c'est une façon de tisser une matière: satin de soie, de coton, de synthétique...
Défi pantalon
Le défi du moment sur T&N c'est le pantalon. Comme je ne porte de pantalon que sous la contrainte, c'est mon mannequin préféré qui est la destinataire de cette couture.
C'est un pantalon tonneau, coupé dans un jean en fin de vie de ma grande. On voit mieux le tonneau de dos.
Patron Barrel Jeans de Liberty Jane.
Reboucher un trou
Un trou au coude, classique, mais il ne faut pas le laisser s'agrandir autant.
Tricoter le même point directement avec la laine à repriser, sur un montage provisoire.
Et le coudre par dessus le trou. Gloups, le fil est trop clair, pas grave, il y aura des coudières en (simili) cuir dessus. Bon, j'en ai d'autres à faire...
Tisser, Broder, Sublimer, éventails
A. Rodien (éventailliste), éventail plié de pariage, vers 1895.
Dentelle au point de gaze à l'aiguille en fil de lin, nacre repercée argentée et dorée, métal doré.
Kees (éventailliste), Marie Adam (peintre), éventail plié, vers 1898.
Dentelle, incrustations de mousseline gouachée, écaille blonde, métal doré.
Lachelin (éventailliste), éventail plié Les Hortensias, vers 1910.
Dentelle de Bruxelles, écaille blonde.
A. Rodien (éventailliste), éventail plié La joueuse de flûte, vers 1900.
Dentelle au point de gaze à l'aiguille en fil se soie, incrustation de taffetas de soie peint à la gouache, nacre repercée, burgautée et incrustée de fleurettes or et argent.
Duvelleroy (éventailliste), Marie Dumas (peintre), éventail plié, vers 1900.
dentelle de Bruxelles, incrustation de peau peinte à la gouache, nacre gravée et incrustée de motifs floraux or et argent, métal argenté.
Éventail plié, vers 1870.
Dentelle de Chantilly aux fuseaux, étamine de coton, nacre de Tahiti gravée et noircie, métal argenté.
Lefébure (dentelle), feuille d'éventail Libellule et nénuphars, 1908.
Dentelle de Bayeux aux fuseaux en fil de lin.
Durant la Belle Époque, et sous l'impulsion de l'Art nouveau, le répertoire des fleurs servant à l'ornementation des dentelles s'étoffe. Le choix de la composition et son traitement sont étroitement liés à l'évolution des courants artistiques. Cette feuille d'éventail, d'inspiration japonisante, en est une parfaite illustration avec ses fleurs de nénuphar sur un plan d'eau. Représentante de premier plan du savoir-faire dentellier français et farouche défenseur de la dentelle véritable, la maison Lefébure participe activement aux expositions du musée Galiera, alors consacré aux arts industriels en 1904, 1908 et 1922.
A. Rodien (éventailliste), Lefébure (dentelle), éventail plié Les Iris, vers 1900.
Dentelle de Chantilly à l'aiguille en fil de soie sur contrefonds en taffetas de soie, satin de soie, écaille blonde, perles de verre nacré, métal doré.
En dentelle à l'aiguille, celui-là, je doute fortement.
Tisser, Broder, Sublimer, ombrelles et col
Dupuis (fabricant d'ombrelles), ombrelle marquise, vers 1860.
Application de dentelle de Bruxelles dite « d'Angleterre » en lin sur tulle, dentelle aux fuseaux avec modes à l'aiguille (les pois creux du semis du fond sont exécutés à l'aiguille), sergé de soie, passementerie de soie, embout, aiguillettes, mât et poignée en ivoire sculpté, coulant et coulisseau en métal doré, fanons de baleine, doublure en pongé de soie.
Lefébure (dentelle attribuée à), couverture d'ombrelle, 1875-1880.
Dentelle Chantilly aux fuseaux en fil de soie.
Jeanne Desgranges (dessin), col, vers 1900-1910. Dentelle à fond craquelé dite « guipure de Venise » à l'aiguille en fil de lin.
Ce grand col a été exécuté d'après un dessin de Jeanne Desgranges, peintre néo-impressionniste et décoratrice, fille d'Isabelle Toudouze et petite-fille d'Anaïs Toudouze, toutes deux peintres et illustratrices. D'après Anne Kratz, spécialiste de dentelles, dans le catalogue d'exposition du Palais Galliera Modes en dentelles, en 1983, ce col pourrait être le travail de l'école La Gergovia, à Issoire, fondée par le marchand-fabricant A. Lescure. Le « fond craquelé » semble avoir été très à la mode dès 1892, date à laquelle il était déjà imité en dentelle mécanique.
Ma photo est un peu floue mais c'est très rare de voir une pièce de dentelle d'époque et de style Art Nouveau.
Tisser, Broder, Sublimer, les mouchoirs
Mouchoir, vers 1860. Mousseline de coton, broderie au plumetis, au point de nœud et à jours.
Mouchoir, 1875-1895. Dentelle dite « de Bruges » ou « de Mirecourt » aux fuseaux en fil de lin, décor de fleurs de lilas et de roses.
J'aurais plutôt appelé ça de la Duchesse, plutôt de Bruxelles que de Bruges, surtout avec tous les rebrodés dans les feuilles et dans les cœurs des fleurs.
Tisser, Broder, Sublimer, les robes
Si je suis allée voir l'exposition La Mode du XVIIIe siècle, c'est surtout en annexe de l'exposition que je voulais voir: Tisser, Broder, Sublimer. Les savoir-faire de la mode.
En 1981, Madeleine Delpierre, première directrice du Musée de la Mode et du Costume, présentait au Palais Galliera l'exposition La Mode et ses métiers du XVIIIe siècle à nos jours. Tandis que les expositions précédentes, depuis 1954, privilégiaient les périodes marquantes de l'histoire de la mode, cette manifestation innovait en révélant la diversité des acteurs et actrices de la mode parisienne, en étudiant leurs activités et interactions sous un angle économique, social et artistique. Cette patrimonialisation des savoir-faire s'inscrivait, dès lors, dans l'histoire du musée.
Aujourd'hui, le Palais Galliera, musée de la Mode de Paris, souhaite non seulement faire la démonstration de la richesse et de la diversité de ses collections du XVIIIe siècle à nos jours, mais aussi encourager le public à regarder plus en détails les œuvres, les observer, et s'interroger sur les artisans et les artistes qui ont contribué à leur réalisation, que ce soit à travers le travail de la main ou la maîtrise de la machine.
Face à la multitude des techniques et métiers, l'exposition met en lumière, pour ce premier volet - deux autres suivront - les savoir-faire de l'ornementation : tissage, teinture et impression, broderie, fleurs artificielles et dentelle, tous déclinés autour d'un seul et même thème : la fleur. Il s'agit ainsi de démontrer la variété des techniques, des ennoblissements, les jeux de matières, le traitement de la couleur, des volumes... autant de déclinaisons ingénieuses et créatives du motif floral, omniprésent dans la mode et les arts décoratifs depuis plus de trois siècles.
Christian Dior, Ducharne (textile), Rébé (broderie), robe du soir Nuit fraîche. Haute couture, printemps-été 1954. Cannelé de soie, broderie de fils de soie au passé empiétant, au point de nœud, au point de tige et au plumetis rehaussée de paillettes.
Cette robe illustre la collaboration étroite entre brodeurs et couturiers dans les années 1950. Les broderies à disposition, concentrées sur le buste et le haut de la jupe, créent un équilibre qui allège la silhouette. L'exécution mécanique de la broderie, sur pièces découpées avant montage, permet un gain de temps sans rien ôter au soin apporté au décor floral. Les motifs orientalisants, inspirés des « arbres de vie » des cotonnades indiennes du XVIIIe siècle, dissimulent les coutures et s'adaptent aux pinces, à l'image de la feuille découpée et appliquée, enjambant la couture centrale du buste.
J'ai donc fait des gros plans sur ces fameuses broderies, et bien il y a quand même des raccords qui ne sont pas parfaits.
Nina Ricci par Gérard Pipart, Christian Fischbacher (textile), Andrée Brossin de Méré (broderie attribuée à). Robe et manteau du soir, haute-couture printemps-été 1966. Broderie mécanique de coton type « dentelle de Saint-Gall », taffetas de soie sauvage, tulle de coton, taffetas de polyamide.
Simplicité de coupe et richesse textile définissent le style Nina Ricci à la fin des années 1960, et caractérisent cette robe. Celle-ci présente une dentelle complexe dite « de Saint-Gall », réalisée sur un métier à broder selon une technique mécanique développée au XIXe siècle, en Suisse. Malgré son appellation, il s'agit d'une broderie dont les grands motifs floraux ajourés et en relief lui donnent l'aspect d'une dentelle. Dans les années 1960, cette technique adopte motifs stylisés et couleurs acidulées.
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