La mode du 18° siècle
La Mode du XVIIIe siècle, un héritage fantasmé, au musée Galliera.
L'exposition explore la mode féminine du XVIIIe siècle et la manière dont son héritage continue d'imprégner l'imaginaire collectif. Dans une période marquée par la pensée des Lumières, le vêtement féminin connaît une véritable révolution formelle et esthétique. Tandis que la mode masculine s'était déjà transformée à la fin du XVIIe siècle, celle des femmes devient le terrain d'une créativité effervescente.
Après s'être attardé sur la mode féminine du XVIIIe siècle, le propos se concentre sur les mécanismes de réappropriation qui font de celle-ci une source d'inspiration majeure. Si ce phénomène historicisant a déjà été commenté, son fonctionnement et ses conséquences sur notre perception de la mode des Lumières ont peu été examinés. Le processus du souvenir est, en effet, malicieux. La nostalgie du règne de Louis XV hante le XIXe siècle. Elle conduit à réinventer une mode du XVIIIe en en retenant seulement les éléments qui coïncident avec ses propres aspirations à un art des apparences raffiné et luxueux. Le XXe siècle fait ensuite dialoguer sa conception de la mode des Lumières avec celle du XIXe. Il reprend les codes stylistiques qui s'en dégagent, parfois jusqu'à l'exagération. Il crée ainsi une forme d'utopie esthétique.
Le critique Charles Blanc le constatait déjà en 1854 : « Quand la réalité est si près d'être imaginaire, (...) la vérité elle-même n'est-elle pas confondue alors avec l'invention. »
Robe à la française, vers 1755-1765.
Robe jupe et pièce d'estomac : taffetas changeant broché, chaîne verte, trame rouge, fils de soie polychromes, taffetas de soie vert. Doublure robe : toile de lin blanche, toile de lin rayée bleu et blanc, taffetas de soie vert, taffetas de soie blanc. Doublure pièce d'estomac : toile de lin beige (moderne). Passementerie de soie, sourcil de hanneton, bouffettes de soie, crêtes. Rubans de taffetas de soie en dégradés de couleurs. Lacet de toile de lin vert.
Caractérisée par son dos à la double série de double plis plats, cette robe à la française est dotée d'un système réglable à la taille qui permet de la porter sur des paniers (jupons élargis par des cercles d'osier ou structures faites de lames de métal reliées entre elles par des liens). L'étoffe est ornée de guirlandes fleuries. Des « falbalas », ou bandes plissées, appliquées en relief, sont rehaussés par une passementerie de touffes de soie surnommées « sourcils de hanneton ». L'ensemble témoigne du style dit « rocaille », aux motifs onduleux purement décoratifs, développé sous le règne de Louis XV.
Et parce que je n'ai pas pu avoir une photo sans reflet, un gros plan de l'encolure.
Paire de manchettes ou d'engageantes, vers 1750-1770.
Toile coton blanche (mousseline). Broderies, point de Dresde, point de feston, fils de coton blancs. Provenance mousseline : Inde. Provenance broderies : Inde ?
Les engageantes, ou manchettes, sont faites de volants de longueurs croissante. Elles peuvent être en dentelle, ou toile fine de lin ou de coton blanche rehaussée de broderies. Elles sont cousues ou épinglées à l'intérieur des parements de manches, eux aussi volantés - dits manches « en pagode » - des robes à la française des années 1750-1770.
Tablier, troisième quart du XVIIIe siècle.
Réseau de fils et de cordonnets de lin (fonctionnant comme une armure gaze). Passementerie : sourcils de hanneton, touffes de fils de soie polychromes, chenilles de soie polychromes, glands de passementerie, fils métalliques, fleurs en gros de Tours de soie de couleurs dégradées. Perles de verre blanc opaque. Dentelle de soie. Dentelles de lin. Ruban, gros de Tours de soie beige.
Imaginez vous essuyer les mains pleines de gras dessus...
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