Ihtiman - 3 -
Après le défilé de mode, nous avons partagé un apéritif avec le personnel du musée et les jeunes mannequins. C'était l'occasion de prendre des photos en gros plan des dentelles qui ornent ces beaux costumes.
Après le défilé de mode, nous avons partagé un apéritif avec le personnel du musée et les jeunes mannequins. C'était l'occasion de prendre des photos en gros plan des dentelles qui ornent ces beaux costumes.
Au musée d'Ihtiman nous avons vu un défilé de costumes bulgares, organisé pour nous.
Partons pour Ihtiman.
Nous allons visiter le musée historique d'Ihtiman (désolée je n'ai rien trouvé en français, en plus le site est un peu vide). Beaucoup de dentelles à l'aiguille Kene pour l'habillement: écharpes ou foulards, bordures pour encolures, engageantes.
Ma visite s'intéresse surtout au côté textile du musée. On commence par du classique: il faut d'abord faire du fil.
Les tailleurs et tresseurs artisanaux de la région de Plovdiv dominaient non seulement le vaste marché de l'empire, mais devinrent également fournisseurs de l'armée. Après l'introduction de la machine à tresser au début du XIXe siècle, la production de galons (cordons de laine) fut mécanisée.
Et enfin ce qui nous intéresse, d'abord de la dentelle aux fuseaux. On remarquera que le napperon est présenté sur un plat très ouvragé, qu'on pourrait prendre pour de la dentelle il est en filigrane.
De la dentelle à l'aiguille appelée kene en bulgare. On voit que tissu sur lequel elle est faite est bien usé.
J'aime particulièrement la réalisation de bijoux avec cette technique.
Aujourd'hui je vous emmène visiter un bâtiment bizarre, celui qui est au-dessus du mur en pierres, à gauche. N'ayez pas peur personne ne va tomber. Aujourd'hui il abrite le Musée ethnographique régional.
Dans l'un des endroits les plus pittoresques de la vieille ville, au-dessus de la Hisar Kapia, la maison du riche marchand de Plovdiv, Argir Hristov Kuyumdzhioglu, se distingue par sa magnificence. Construite en 1847 par le maître Hadzhi Georgi Stanchovski, originaire du village de Kosovo dans le district d'Asenovgrad, elle est un exemple typique des maisons symétriques de la renaissance de Plovdiv. Les experts la considèrent comme une perle de l'architecture baroque bulgare.
Ce bâtiment de quatre étages impressionne par sa taille, c'est pourquoi on l'appelle la « Résidence du Roi ». À chaque étage il y a un grand salon (hayet). L'élément le plus impressionnant est la partie centrale ovale du salon de réception principal au deuxième étage, se terminant par un haut chanfrein peint. La façade est de la maison est « posée » sur les vestiges de l'ancienne muraille de la forteresse romaine et fait partie intégrante de l'ensemble Hisar Kapia. Au sous-sol, la maison possède son propre réservoir d'eau (citerne) et une sortie secrète qui mène aux Trois Collines par un tunnel.
La destination du bâtiment a changé plusieurs fois au fil des ans. À la fin du XIXe siècle c'était un pensionnat de jeunes filles, puis une fabrique de chapeaux, un entrepôt de farine, une vinaigrerie puis un entrepôt de tabac. En 1927 la maison a été classée « monument historique folklorique ». L'idée de constituer une collection ethnographique et de créer un musée est du grand patriote Stoyu Shishkov. En 1938, à l'initiative du maire Bozhidar Zdravkov, la maison la plus représentative de la renaissance de Plovdiv, celle de Kuyumdzhiev, fut transformée en Maison-Musée Municipale. Elle est ouverte aux visiteurs depuis 1943.
Le fonds en exposition présente la culture traditionnelle de la Thrace, des monts Rhodopes et de la région de Sredna Gora depuis la Renaissance. Parmi les collections on trouve notamment des récipients en cuivre, des ornements et des objets liturgiques, de la dentelle cousue et crochetée, des costumes de tout le territoire ethnique bulgare, des instruments de musique traditionnels et modernes, des objets d'intérieur urbain, etc. Aujourd'hui, ce bâtiment unique est un monument culturel national. La façade majestueuse de la maison, se terminant par la forme incurvée des avant-toits, ainsi que l'atmosphère unique de sa cour – une oasis de verdure au milieu des rues pavées de la vieille ville – rendent cet endroit attrayant pour les artistes de tous horizons. Ce n'est pas un hasard si le musée et sa cour constituent l'un des centres de la vie culturelle de Plovdiv.
Faisons un tour dans la partie fortifiée et renaissance de Plovdiv. Les panneaux de circulation et les fils ne sont pas d'époque.
Les maisons dites symétriques sont typiques du centre historique. Elles sont à encorbellement pour la même raison que partout où ce type de construction s'est développé : les taxes étaient fonction de la surface au sol. Cette maison est maintenant le Musée régional d'histoire de Plovdiv.
La maison Georgiadi est l'un des plus beaux exemples de l'architecture néo-bulgare. Elle fut construite sur commande du riche marchand et tisserand de frises bulgare Georgi Kendindenoglou, issu d'une ancienne famille de Plovdiv remontant au XVIIe siècle. Peu après la construction de sa maison, Georgi Kendindenoglou l'offrit en dot pour le mariage de sa fille avec le marchand grec de Thessalonique, Dimitar Georgiadi.
La maison fut construite en 1848 par l'éminent maître bulgare Hadzhi Georgi, venu de Constantinople. Elle est représentative de la maison symétrique, très répandue au XIXe siècle. Au milieu de chaque étage se trouvent quatre pièces disposées symétriquement autour de vastes halls. Le bâtiment a une superficie de 251 m² et un volume impressionnant de 3 120 m3. Le rez-de-chaussée est aménagé en cour intérieure couverte, pavée de dalles, qui fait le lien entre la rue et l'arrière cour. L'ensemble du bâtiment se caractérise par ses plafonds magnifiquement sculptés, ses plinthes, ses placards intégrés et ses niches murales richement décorées appelées « alafranga » (signifiant « à la française »). Le bâtiment est à ossature bois. La structure en bois est composée de poutres en chêne taillées et le remplissage entre elles est fait de briques séchées au soleil (petites briques cuites, collées avec de la boue et de la paille). L'un des attraits du premier étage est le grand hall (salon) avec une estrade originale sur la droite, surélevée par quatre marches. Il accueillait un orchestre lors de soirées et de festivités. La maison a été entièrement restaurée en 1960 et déclarée Bien culturel immobilier d'importance nationale.
La maison d'Atanas Krastev, peintre sur lequel je n'ai trouvé aucune information, a une belle porte cloutée.
On entre, et on se rend compte de la longueur des clous.
Sur le mur de la cour une fresque, du maître des lieux je suppose (je n'ai pas visité la maison-musée).
Partons en voyage en Bulgarie, faire un peu de tourisme avec un peu beaucoup de dentelles. Le premier jour nous partons à Plovdiv (le trajet est en jaune fluo sur la carte).
On arrive par la porte romaine, aujourd'hui rattrapée par la ville moderne.
Puis on monte en traversant la partie médiévale de la ville, en haut de la colline, vers le complexe archéologique de Nebet Tepe. Le site est habité depuis l'âge du cuivre.
Le nom hérité du turc, Nebet Tepe (tour de guet), indique l'importance à travers les siècles de la colline en tant que poste d'observation du trafic le long de la rivière Maritsa, depuis l'antiquité, un lieu sacré pour les Thraces, et un emplacement stratégique pour les garnisons militaires.
La présence humaine continue contribue à la destruction en grande partie de la plupart des bâtiments et installations des époques précédentes, de sorte qu'aujourd'hui, outre les murs de la forteresse et deux réservoirs d'eau, des parties de deux bâtiments avec des pièces en enfilade et des fragments de rues pavées ont été préservés et restaurés. Les nombreux objets de la vie quotidienne et de la culture découverts ici lors des fouilles archéologiques sont visibles dans les expositions permanentes et dans les archives du Musée archéologique.
Un réservoir, aujourd'hui protégé par une verrière.
Le théâtre romain était en pleine installation pour un concert, c'est dommage pour les photos mais c'est bien que ce soit un lieu utilisé, et donc entretenu.
Et pépite, encore des gradins, on pense à un autre théâtre mais non...
C'est la partie visible d'un stade, le reste est enfoui sous certainement des sédiments et autres couches de terrain, puis sous des construction contemporaines, une rue et les immeubles qui la bordent. La question s'est posée : faut-il tout détruire pour mettre à jour le stade entier ? Pour l'instant non. La partie sur la photo correspond au virage tout à droite de la maquette.
J'ai profité de l'exposition pour visiter le musée que je ne connaissais pas, et en particulier les pièces textiles. Il y a beaucoup de tissage, de broderies et de vêtements brodés magnifiques, c'est un musée qui vaut la visite.
Robe de mariage (bindalli)
Empire ottoman, Roussé (actuelle Bulgarie), 19e siècle.
Velours brodé de fils d'or sur carton, paillettes et canetille.
Cette robe de mariage est appelée bindalli, littéralement « mille branches » en référence à son décor brodé de motifs floraux stylisés de fils d'or sur carton.
À la mode dans tout l'Empire ottoman à partir des années 1850, elle était portée par les citadines ottomanes, y compris par les femmes juives qui ne se différenciaient souvent des musulmanes que par leur couvre-chef.
Selon la coutume locale, cette robe pouvait être portée par la mariée durant toute la fête ou seulement lors de la cérémonie du henné ou le matin suivant le mariage. Elle devenait ensuite un vêtement d'apparat. Les mariées juives recevaient ces robes dans leur trousseau, accompagnées d'autres textiles brodés dans le même style.
Je suis allée au Musée d'art de d'histoire du judaïsme voir l'exposition des broderies de Pascal Monteil. En voici une sélection.
La reine morte, 2023
Laine brodée sur toile de chanvre.
Sur un torchon raccommodé, l'artiste brode les funérailles d'une reine imaginaire en s'inspirant librement du décor des catacombes de Palerme et des cérémonies organisées en Arles sous l'Ancien régime.
Le Banquet, 2022
Fils de laine sur toile de chanvre
Ma photo du cartouche est floue, donc je n'ai pas les explications de l'œuvre.